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Tribunal De Dakar le Verdict Est Tombé Pour Ndeye Thiam « Bété Bété » Et Ses Coprévenus

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Le tribunal des flagrants délits de Dakar a jugé, ce mercredi 9 septembre, l’actrice Ndeye Ndao Thiam dite Noyage Thiam « Bété Bété », l’étudiante Aïssatou Goudiaby, la commerçante Fatou Diallo alias « Fafa », ainsi que les hommes d’affaires Sidy Mouhamed et Abou Daffé. À l’origine de cette affaire, une soirée privée organisée à l’hôtel Pullman. Partie d’une accusation de vol de montre, la procédure a finalement dérivé vers des soupçons de consommation de drogue.

​À la barre, les prévenus ont livré des versions parfois contradictoires. Le ministère public s’est, quant à lui, appuyé sur les éléments de l’enquête préliminaire, notamment l’exploitation des données téléphoniques et les images des caméras de vidéosurveillance de l’établissement hôtelier.

​Sidy Mouhamed, qui s’est finalement désisté de sa constitution de partie civile, est revenu sur les circonstances de la disparition de sa montre : « La montre était dans mon sac. C’est dimanche que je me suis rendu compte de sa disparition », a-t-il raconté. Il a expliqué qu’il se trouvait dans la chambre 325 et que le groupe devait initialement se rendre à Saly, mais qu’une forte pluie a modifié leur programme. Une seconde chambre aurait ensuite été louée pour poursuivre la fête avec les jeunes femmes arrivées le vendredi soir. Bien qu’il affirme avoir aperçu son bien dans son sac le jeudi précédant les faits, il a admis devant le juge : « Honnêtement, je n’ai pas vu Fatou prendre la montre. »

​Une précision capitale exploitée par la défense. Fatou Diallo, poursuivie pour ce vol, a nié fermement les faits : « Je n’ai jamais vu la montre, j’étais juste à la soirée. La montre qu’il a déclarée volée est cachée », a-t-elle soutenu pour contester le dossier.

​Inculpation pour drogue : les téléphones et vidéos au cœur des débats

​Confrontés aux constatations des enquêteurs et aux images de vidéosurveillance du Pullman montrant, selon le parquet, certains participants en train de consommer des stupéfiants, tous les prévenus ont réfuté la propriété ou la fourniture des produits.

​Abou Daffé, soupçonné d’avoir approvisionné le groupe, a rejeté catégoriquement les accusations : « Je suis chef d’entreprise, je ne suis ni consommateur ni fournisseur de drogue. Je ne suis venu au Sénégal que pour le travail. » Sidy Mouhamed a, lui aussi, contesté être usager de produits illicites, malgré les images de poudre blanche assimilée à de la cocaïne découvertes dans son téléphone portable par les enquêteurs.

Noyage Thiam « Bété Bété »​a également essuyé les questions pressantes du procureur au sujet de son passé numérique. Le parquet lui a rappelé des échanges datant de 2021 avec un tiers qui l’invitait à consommer des stupéfiants. « Je ne connais pas cette personne, je ne fume pas et je ne prends pas de drogue », a rétorqué l’actrice, avant de démentir avoir avoué lors de sa garde à vue une consommation ponctuelle pour soulager des maux de ventre. Même ligne de défense pour Aïssatou Goudiaby, qui a réfuté les procès-verbaux lui attribuant des déclarations incriminant Abou Daffé.

​Quant au protoxyde d’azote découvert lors d’une perquisition au domicile de Fatou Diallo, la prévenue a assuré que le produit ne lui appartenait pas. La défense s’est engouffrée dans la brèche juridique : Mᵉ Souleymane Soumaré, Mᵉ Ndeye Coumba Kane et Mᵉ Abdoubacry Barro ont rappelé l’absence du protoxyde d’azote du tableau officiel des stupéfiants, versant au débat une jurisprudence de 2025 de la même juridiction ayant conclu à une relaxe.

​Analyse technique manquante et relaxe générale

​Mᵉ Abou Dialy Kane, conseil d’Abou Daffé et de Sidy Mouhamed, s’est attaqué à la matérialité de l’infraction : « En matière de drogue, il faut une analyse technique qui révèle que le produit est une drogue », a-t-il plaidé, regrettant que ses clients, poursuivis au départ pour un simple vol de montre, se soient retrouvés en détention. Mᵉ Ibamar Diop et Mᵉ Clédor Ciré Ly ont à leur tour sollicité la relaxe pure et simple de l’ensemble des mis en cause.

​Dans ses réquisitions, le procureur a demandé la relaxe de Fatou Diallo pour le vol de la montre, ainsi que celle d’Abou Daffé pour l’offre et la cession de drogue. En revanche, estimant les charges d’usage et de détention établies par la vidéosurveillance, le ministère public a requis un mois de prison ferme.

​Statuant sur le siège, le tribunal a finalement prononcé la relaxe générale de tous les prévenus et a donné acte à Sidy Mouhamed de son désistement.

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