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Canaries : les départs se déplacent vers le sud face au renforcement de la surveillance côtière

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La traversée de l’Atlantique vers les îles espagnoles des Canaries reste une route migratoire particulièrement dangereuse. Des milliers de personnes y ont perdu la vie ces dernières années à bord d’embarcations de fortune. En 2025, au moins 3 090 personnes sont mortes sur les routes migratoires vers l’Espagne, selon Caminando Fronteras. Si le nombre de tentatives a diminué, le risque de mourir en mer a augmenté.

Le renforcement de la surveillance des côtes au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a entraîné un déplacement des départs vers le sud. Les réseaux de passeurs orientent désormais leurs opérations vers la Gambie, la Guinée-Bissau et la Guinée. Ces itinéraires allongent les voyages en mer et exposent davantage les passagers aux accidents et aux noyades : au moins 144 migrants sont morts ou portés disparus au large de la Mauritanie en une semaine, selon le HCR. Une embarcation partie de Bufalo, en Gambie, a ainsi dérivé pendant 25 jours ; sur ses 181 passagers, seuls 38 ont survécu.

Cette réorganisation des itinéraires s’accompagne d’une activité persistante des réseaux de passeurs. Le 30 avril 2026, selon Kawtef, trois individus ont été déférés pour trafic de migrants à Karang, tandis que huit candidats à l’émigration irrégulière, dont cinq Maliens, étaient interceptés alors qu’ils tentaient de rejoindre une pirogue en Gambie.

Elle intervient dans un contexte marqué par une coopération financière entre l’Union européenne et la Mauritanie. Conclu en 2024, le partenariat porte sur 210 millions d’euros destinés au renforcement du contrôle des frontières, au sauvetage maritime, à la lutte contre le trafic d’êtres humains et au développement local.

Le financement européen accompagne ainsi les mesures de contrôle mises en place sur la façade nord-ouest de l’Afrique, alors que les points de départ se déplacent vers la Gambie, la Guinée-Bissau et la Guinée. En repoussant les départs vers des zones plus méridionales, cette pression ne supprime pas les traversées : elle tend à les rendre plus longues et plus meurtrières.

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